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Bitcoin Treasury Companies : ces entreprises qui accumulent du Bitcoin

Leur stratégie : accumuler du Bitcoin, de façon continue, via les marchés de capitaux. Un pari long terme sur la croissance de Bitcoin. Et pour les investisseurs : du Bitcoin amplifié.

Bitcoin Treasury Companies accumulation stratégique

Introduction : une nouvelle catégorie d'entreprise est née

En août 2020, une entreprise américaine de logiciels d'analyse de données prenait une décision qui allait changer l'histoire de la finance d'entreprise : convertir l'intégralité de sa trésorerie en Bitcoin. Cette entreprise, c'était MicroStrategy. Son dirigeant, Michael Saylor, n'avait pas simplement acheté du Bitcoin comme on achète de l'or. Il avait théorisé un modèle entièrement nouveau : faire de l'accumulation de Bitcoin le cœur de la stratégie d'entreprise, en s'appuyant sur les marchés de capitaux pour financer cette accumulation à une échelle croissante.

Cinq ans plus tard, ce modèle a engendré toute une catégorie d'entreprises : les Bitcoin Treasury Companies (BTCTC). Elles opèrent sur tous les continents, avec des structures de financement inédites, des instruments financiers jamais vus auparavant et une métrique de performance propre : le BTC Yield, indicateur de croissance des bitcoin/action.

Ce n'est ni un ETF Bitcoin (pas de gestion passive), ni un fonds crypto (pas de diversification), ni un pari spéculatif à court terme. C'est une thèse d'investissement structurelle, sur le long terme, un modèle économique complet, et une innovation financière qui s'invente encore sous nos yeux. Cet article en explique les mécanismes actuels.

1. La thèse : Bitcoin comme actif de réserve ultime

Le problème du cash en trésorerie d'entreprise

Toute entreprise génère du cash. La question est : où le conserver ?

À cause de notre système monétaire, et de façon accélérée depuis 2020, les banques centrales ont injecté des milliers de milliards de dollars, d'euros et de yens dans le système financier mondial. La masse monétaire M2 américaine a bondi de 40 % en deux ans entre 2020 et 2022. Le résultat est mécanique : chaque dollar conservé en cash ou en obligations à taux bas perd de la valeur en termes réels, chaque année, de façon certaine. C'est ce que Michael Saylor appelle le « melting ice cube » : la trésorerie d'entreprise en fiat fond lentement, inévitablement.

Pour une entreprise comme MicroStrategy en 2020, avec 500 millions de dollars de trésorerie et aucune perspective d'emploi immédiat de ce capital, la question devient existentielle : comment préserver la valeur de ce capital sur 10, 20, 30 ans ?

Pourquoi Bitcoin et pas l'or, les actions ou l'immobilier ?

L'or est rare, mais a une inflation d'environ 2%/an (mineurs d'or) et n'est pas auditable en temps réel, difficile à transférer et impossible à diviser à grande échelle. Les actions offrent de la croissance, mais une exposition à des risques opérationnels, sectoriels et managériaux. L'immobilier est moins liquide et géographiquement contraint.

Bitcoin présente une combinaison de propriétés unique dans l'histoire des actifs :
Offre fixe : exactement 21 millions de BTC, jamais plus. Aucun banquier central ne peut en créer davantage.
Vérifiabilité : n'importe qui peut vérifier l'offre totale et les transactions en temps réel, sans faire confiance à une institution.
Liquidité 24/7 : le marché Bitcoin ne ferme jamais. Une trésorerie en BTC est mobilisable à tout moment, sans intermédiaire.
Portabilité absolue : transférable instantanément à l'autre bout du monde, sans dépendre d'un réseau bancaire.
Croissance de l'adoption : la demande globale (particuliers, institutionnels et états) augmente structurellement, tandis que l'offre, elle, reste fixe.

La thèse est simple : si la quantité de monnaie fiat augmente indéfiniment et que l'offre de Bitcoin reste fixe, le prix de Bitcoin exprimé en monnaie fiat tendra structurellement à la hausse sur le long terme. Pas parce que Bitcoin est « spéculatif », mais parce que c'est le rapport entre deux quantités : l'une qui croît sans limite, et l'autre qui est fixe.

Comparaison Bitcoin vs actifs de réserve traditionnels sur longue période

Ce que ça n'est pas : une BTCTC ne fait pas de trading. Elle n'achète pas de Bitcoin pour le revendre six mois plus tard. Elle n'utilise pas de levier pour démultiplier un pari directionnel à court terme. C'est une stratégie de réserve de valeur à long terme, structurée autour d'un actif dont elle pense qu'il surperformera tout autre actif de réserve disponible sur un horizon de plusieurs décennies.

2. Le modèle économique

1. Les trois moteurs d'accumulation

Une BTCTC n'accumule pas du Bitcoin uniquement en achetant des BTC avec ses liquidités disponibles. Elle utilise les marchés de capitaux comme machine à financer l'accumulation, en s'appuyant sur trois moteurs distincts.

Premier moteur : les levées de fonds en equity. La BTCTC émet de nouvelles actions, soit de façon ponctuelle (augmentation de capital), soit en continu via des programmes ATM (At-The-Market). Dans un programme ATM, l'entreprise vend ses propres actions directement sur le marché boursier, au fil de l'eau, au cours du moment. Les fonds levés sont immédiatement utilisés pour acheter du Bitcoin. La condition : que le cours de l'action soit supérieur à la valeur en Bitcoin du bilan, ce qu'on appelle opérer à une prime de NAV positive (voir section 2.3).

Deuxième moteur : l'émission de dette (crédit digital). Les obligations convertibles, actions préférentielles, ou autres innovations comme les obligations convertibles libellées en Bitcoin permettent d'attirer du capital à des conditions avantageuses, sans diluer les actionnaires, et sans vendre de Bitcoin. Le capital levé est, là encore, intégralement converti en BTC.

Troisième moteur : le cash-flow opérationnel. Pour les BTCTC qui conservent un business sous-jacent (logiciel, services web, gestion d'actifs…), les bénéfices générés par ce business alimentent en continu les achats de Bitcoin. Ce moteur est le moins puissant des trois en volume, mais le plus stable : il fonctionne indépendamment des conditions de marché.

2. Des opérations accrétives, visibles par le BTC Yield

La métrique centrale d'une BTCTC n'est pas son bénéfice par action (EPS), ni sa croissance du chiffre d'affaires. C'est le BTC Yield : la variation du ratio entre le nombre de BTC détenus et le nombre d'actions en circulation.

Exemple concret : une BTCTC détient 10 000 BTC pour 100 millions d'actions en circulation, soit 0,0001 BTC par action. Elle lève des fonds en émettant 10 millions d'actions supplémentaires (soit une dilution de 10 % du capital) et achète 2 000 BTC supplémentaires avec le produit de l'émission. Elle détient désormais 12 000 BTC pour 110 millions d'actions, soit 0,000109 BTC par action, une hausse de 9 % du BTC par action malgré la dilution. L'opération est dilutive en nombre d'actions mais accrétive en Bitcoin par action. C'est l'objectif.

Cette logique d'accrétion est possible parce que l'émission d'actions se fait à un cours qui valorise l'entreprise au-dessus de la valeur de ses Bitcoin. Si une action vaut 200 $ sur le marché alors que la valeur en BTC du bilan ne justifie que 150 $ par action, chaque nouvelle action émise à 200 $ permet d'acheter plus de BTC que ce que l'actionnaire dilué « perd » en proportion. Les 50 $ de prime constituent une opération accrétive pour tous les actionnaires existants, exprimée en BTC par action.

Schéma de l'évolution du BTC Yield de Strategy de 2020 au Q1 2026

3. La prime de NAV : le cœur du modèle

Le NAV (Net Asset Value) d'une BTCTC est simple à calculer puisque c'est la valeur de ses Bitcoins en monnaie fiat : BTC détenus x prix du Bitcoin = NAV. Le mNAV (multiple de NAV) est le rapport entre la valeur de l'entreprise (capitalisation boursière + dette) et ce NAV.

Si Strategy détient pour 60 milliards de dollars de Bitcoin et que sa valeur d'entreprise (capitalisation boursière + dette) est de 90 milliards de dollars, son mNAV est de 1,5x. Les investisseurs valorisent l'entreprise 1,5 fois sa valeur en Bitcoin.

Cette prime est au centre du modèle : tant qu'elle est positive, chaque émission d'actions génère de l'accrétion en BTC par action. C'est un cercle vertueux, à condition qu'il se maintienne. Un effondrement de la prime briserait mécaniquement la capacité de la BTCTC à lever des fonds de façon efficiente via l'émission d'actions classiques.

Cette prime n'est pas statique : elle évolue mécaniquement avec les cycles de marché de Bitcoin. En période haussière, l'enthousiasme des investisseurs gonfle les anticipations : ils paient une prime croissante sur la valeur des Bitcoin détenus, parce qu'ils spéculent sur les achats futurs et la croissance du BTC Yield. Le mNAV s'étend. En période baissière, le mouvement s'inverse : les doutes sur le modèle, sur la soutenabilité de la dette et sur le prix futur de Bitcoin compriment la prime, parfois jusqu'à son effacement. Le mNAV se contracte.

C'est la raison pour laquelle ces entreprises sont souvent décrites comme du Bitcoin amplifié : leur cours de bourse ne réplique pas simplement celui de Bitcoin, il l'amplifie dans les deux sens. À la hausse, la prime qui s'élargit ajoute un second levier au-dessus de la performance de Bitcoin. À la baisse, sa contraction aggrave la chute bien au-delà de ce que Bitcoin seul aurait produit. Ce comportement est mécanique : les marchés sont par nature anticipateurs et spéculatifs sur le court et moyen terme, et les BTCTC en absorbent toute la volatilité. Il faut garder à l'esprit que Bitcoin lui-même est un actif encore jeune, avec des cycles historiquement très volatiles à la baisse, suivis de nouveaux sommets. Les BTCTC amplifient ces cycles.

C'est aussi dans les périodes où la prime se comprime que le crédit digital devient le moteur d'accumulation le plus stratégique.

3. Le crédit digital : une nouvelle couche financière

Les levées de fonds en equity ne sont pas suffisantes pour financer l'accumulation à l'échelle que Strategy vise. Pour accéder à des capitaux supplémentaires sans diluer davantage les actionnaires, Strategy a inventé une nouvelle catégorie d'instruments financiers : les instruments de crédit digital, principalement sous forme d'actions préférentielles, des titres hybrides qui ressemblent à des obligations par leur fonctionnement, mais qui sont cotés en bourse comme des actions.

La logique est la suivante : il existe des centaines de milliards de dollars de capitaux institutionnels cherchant du rendement fixe ou prévisible, mais dont les mandats de gestion n'autorisent pas de détenir du Bitcoin ou des actions volatiles. Les actions préférentielles de Strategy leur offrent un accès indirect à l'écosystème Bitcoin, avec un profil de risque plus proche de l'obligation que de l'action.

Les instruments de Strategy

Strategy a émis plusieurs séries d'actions préférentielles, chacune avec un profil distinct :

Actions préférentielles de Strategy : STRC, STRF, STRK, STRD & STRE

STRC : l'instrument le plus innovant et le plus connu. Action préférentielle à dividende bi-mensuel (anciennement mensuel), à taux variable indexé sur la performance de Bitcoin. Pour les investisseurs qui veulent une exposition à BTC avec un flux de revenus régulier (9 à 12%).

STRF : action préférentielle à rendement plus élevé que STRK, mais non convertible en actions ordinaires. L'investisseur reçoit un dividende fixe plus généreux. Profil : revenu pur, proche de l'obligation haute qualité.

STRK : action préférentielle à dividende fixe, convertible en actions MSTR à un prix prédéfini. L'investisseur reçoit un rendement fixe trimestriel et a la possibilité de convertir ses titres en actions ordinaires si le cours de MSTR dépasse le prix de conversion. Profil : revenus fixes avec option de participation à la hausse de MSTR.

STRD et STRE : variantes supplémentaires ajustant les paramètres de maturité, de rendement et de convertibilité pour cibler des profils d'investisseurs différents (duration plus courte, rendement intermédiaire, etc.).

MSTR : action de l'entreprise Strategy, agissant comme un levier long terme sur Bitcoin. L'action est souvent décrite commme du "Amplified Bitcoin", pour Bitcoin amplifié : l'action est autant volatile à la baisse pendant les marchés baissiers qu'a la hausse durant les marchés haussiers.

Ces instruments forment ensemble ce que Strategy appelle son « Digital Credit Vehicle ». Comme l'illustre le schéma ci-dessous, trois moteurs (dérivés BTC, Bitcoin spot et action MSTR) alimentent un réservoir central de Bitcoin, qui permet par sa performance de distribuer des dividendes intéressants aux détenteurs d'actions préférentielles.

Le Digital Credit Vehicle de Strategy : moteurs BTC Derivatives, BTC spot et MSTR alimentant un réservoir de Bitcoin distribuant des dividendes via STRF, STRE, STRC, STRK, STRD

Des rendements structurellement plus élevés que les obligations traditionnelles. Ce qui rend ces instruments particulièrement attractifs, c'est que Strategy peut se permettre de proposer sur le long terme des dividendes supérieurs à ceux des obligations d'État ou des actions préférentielles classiques. La raison est mécanique : Bitcoin affiche historiquement une performance annualisée très largement supérieure à celle de n'importe quel actif traditionnel. Cette surperformance permet à Strategy de générer, via ses levées de fonds et ses opérations accrétives, des rendements suffisants pour servir des dividendes attractifs tout en continuant d'accumuler du BTC. Là où une obligation classique offre 3 à 6 % annuels, STRC a été émis avec un dividende cible nettement supérieur (9 à 12%). L'investisseur obligataire obtient un rendement qu'il ne trouverait pas dans la dette classique, sans pour autant s'exposer directement à la volatilité du Bitcoin. C'est précisément cette équation qui a permis à Strategy d'attirer des capitaux institutionnels qui, autrement, n'auraient jamais regardé l'écosystème Bitcoin.

Ces instruments permettent à Strategy d'accéder aux marchés de capitaux et de capturer des flux issus de profils d'investisseurs très différents, tout en les orientant vers l'accumulation de Bitcoin. C'est une véritable innovation structurelle : transformer la demande de revenus fixes en accumulation de Bitcoin.

4. Les principales Bitcoin Treasury Companies

Le secteur compte désormais des centaines d'entreprises qui détiennent du Bitcoin sur leur bilan. Ce qui les unit : la conviction que Bitcoin est un actif capable de protéger leur trésorerie sur le long terme.

Mais seule une poignée d'entre elles a été capable d'exécuter la thèse de Strategy avec la même rigueur et d'obtenir une confiance comparable sur les marchés. Huit entreprises se distinguent particulièrement, réparties sur quatre continents :

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Amérique du Nord

Strategy (ex-MicroStrategy) | États-Unis. Le pionnier et le plus grand acteur du secteur. En août 2020, MicroStrategy n'avait aucun modèle à copier : convertir 250 millions de dollars de trésorerie en Bitcoin était une première mondiale, sans précédent dans les marchés de capitaux et sans jurisprudence comptable claire (les normes comptables n'ont été adoptées qu'en 2023). Depuis, l'entreprise a accumulé des centaines de milliers de BTC, une part significative de l'offre totale, et a inventé des instruments financiers que la finance traditionnelle n'avait jamais produits : les actions préférentielles STRK, STRF, STRC, STRD et STRE.

Son modèle économique est désormais basé sur Bitcoin, le logiciel d'analyse d'origine ne pesant plus que marginalement dans sa valorisation. Strategy compte parmi les plus grands émetteurs d'actions du marché américain, certaines années via uniquement son programme ATM. Strategy fonctionne comme une véritable entreprise laboratoire : elle teste, par itération successive, de nouveaux montages financiers, ajuste ses instruments d'un trimestre à l'autre, et n'hésite pas à repenser ce qui ne fonctionne pas. Cette ingénierie est innovante, mais pas sans risque : ces instruments sont récents, parfois peu testés, et doivent être compris par les investisseurs. Strategy s'impose ainsi comme l'architecte de la finance Bitcoin, un rôle qui a insufflé un mouvement bien au-delà de sa propre structure : des personnes convaincues par Bitcoin consacrent désormais leur temps et leur capital à répliquer cette approche, faisant de l'accumulation de BTC le cœur de leur modèle économique d'entreprise.

Bureaux de Strategy à Tysons Corner avec l'enseigne Strategy ₿

Strive Asset Management | États-Unis. Fondée en 2022 par Vivek Ramaswamy, avec pour activité principale la gestion d'actifs anti-woke et anti-ESG, en réaction frontale à BlackRock, Vanguard et State Street sur les questions de gouvernance d'entreprise, Strive a depuis pivoté vers le Bitcoin sans abandonner son activité de gestion historique. Ramaswamy a quitté la direction opérationnelle pour ses ambitions politiques et c'est désormais Matt Cole, ancien gérant de portefeuille chez le fonds de pension CalPERS, qui dirige l'entreprise en tant que CEO.

Plutôt que de faire de Bitcoin un simple produit boursier (ETF ou ETP), Strive l'utilise comme taux de rendement plancher (« hurdle rate ») : chaque décision d'allocation de capital est jugée sur base de la performance attendue de Bitcoin, ce qui la positionne comme un gestionnaire d'actifs moderne, et faisant de Bitcoin la base de référence de son modèle hybride. L'entreprise s'est aussi dotée d'un média indépendant, True North : média dédié à l'analyse du Bitcoin, du crédit digital et de la finance moderne.

Son instrument principal est SATA, une action préférentielle versant un dividende quotidien, avec un objectif de cours stable autour de 100 $ pour limiter la volatilité du titre (similaire à STRC). Strive met en avant ses réserves de cash et de Bitcoin comme garantie de pouvoir honorer ces versements sur le très long terme. Signe de l'imbrication croissante entre BTCTC, Strive a également investi une partie de ses réserves en cash dans le produit STRC de Strategy.

Logo Strive Asset Management

American Bitcoin Corp | États-Unis. Fondée en mars 2025 par Eric Trump et Donald Trump Jr, et détenue majoritairement par Hut 8 Mining, American Bitcoin combine minage industriel et achats directs sur le marché. Son parc de mineurs ASIC lui permet d'obtenir du Bitcoin à un coût généralement inférieur au prix du marché, un avantage structurel que les BTCTC qui n'achètent que sur le marché n'ont pas. Dans les faits, l'essentiel de la croissance récente de ses réserves provient toutefois de ses levées de fonds en actions (programme ATM) réinvesties en Bitcoin, le minage ne représentant qu'une part minoritaire de l'accumulation totale.

Cotée au Nasdaq, l'entreprise a rapidement bâti une position significative parmi les BTCTC. Une partie de ses derniers investissements en équipement minier a été financée par un mécanisme original : le nantissement direct de Bitcoin en garantie plutôt qu'un paiement en cash, l'entreprise pouvant ensuite rembourser soit en cash, soit en cédant les BTC mis en gage selon l'évolution du cours. Ce choix illustre un appétit pour le risque plus marqué que la plupart des acteurs du secteur.

Logo American Bitcoin Corp

Amérique du Sud

OranjeBTC | Brésil. Fondée par Guilherme Gomes, OranjeBTC est la plus grande Bitcoin Treasury Company d'Amérique latine. Elle est cotée en bourse au Brésil et aux États-Unis, ce qui lui permet d'attirer des investisseurs des deux côtés de l'Atlantique. Parmi ses soutiens figurent des noms reconnus de l'écosystème Bitcoin comme les frères Winklevoss et Adam Back.

Elle a été la première entreprise hors des États-Unis à ajouter de STRC de Strategy à son bilan, en plus de son Bitcoin propre. Pour financer son accumulation, OranjeBTC a aussi recours à des débentures collatéralisées par du Bitcoin, un instrument hybride qui combine dette d'entreprise classique et garantie en actif numérique. Elle incarne l'arrivée du modèle BTCTC sur un continent jusque-là peu représenté dans le secteur.

Logo OranjeBTC

Asie

Metaplanet | Japon. Ancienne chaîne hôtelière (ex-Red Planet Japan), Metaplanet a opéré un pivot radical en 2024 sous l'impulsion de Simon Gerovich, diplômé de Harvard et ancien trader de dérivés chez Goldman Sachs Tokyo. Après avoir vendu la quasi-totalité de ses actifs hôteliers, l'entreprise n'en conserve qu'un, rebaptisé The Bitcoin Hotel, et se consacre désormais intégralement à l'accumulation de Bitcoin.

Son contexte macroéconomique lui offre un avantage structurel rare. Les taux quasi nuls au Japon rendent l'endettement en yens particulièrement peu coûteux, ce qui permet à Metaplanet d'emprunter en monnaie locale dépréciée pour acheter un actif mondial à offre fixe. Cette faiblesse structurelle du yen devient ainsi un levier d'acquisition plutôt qu'une contrainte. Partie d'une réserve de 117 BTC en avril 2024, l'entreprise est devenue l'un des plus grands détenteurs corporate de Bitcoin au monde et le premier en Asie.

Metaplanet va bien au-delà de la simple accumulation. Via son bras de capital-risque Metaplanet Ventures, elle investit dans les entreprises qui construisent l'infrastructure Bitcoin au Japon : paiements, custody, stablecoins. Avec Project Nova, son plan à moyen terme, elle ambitionne de devenir une plateforme financière Bitcoin à part entière. En juin 2026, elle a annoncé l'acquisition de Siiibo Securities, une société japonaise titulaire d'une licence de distribution financière, rebaptisée Metaplanet Securities, pour lancer des produits de rendement libellés en Bitcoin directement auprès des investisseurs japonais.

L'entreprise prépare aussi ses propres instruments de crédit digital : MARS (inspiré de STRC de Strategy) et Mercury (inspiré de STRK). La réglementation japonaise n'autorisant pas les programmes ATM utilisés par Strategy aux États-Unis, Metaplanet développe un mécanisme équivalent adapté à son marché local. L'entreprise s'est également dotée d'une filiale américaine à Miami : Metaplanet Asset Management, pour connecter les marchés de capitaux asiatiques et occidentaux autour de sa thèse Bitcoin.

Logo Metaplanet

Europe

Capital B | France. Premier acteur européen d'envergure, Capital B a innové avec un instrument inédit : les obligations convertibles libellées en Bitcoin. Les investisseurs souscrivent et peuvent être remboursés directement en BTC, la conversion en actions étant une option exercée si l'investisseur le souhaite.

La dette elle-même est nativement Bitcoin. Cet alignement entre l'actif et le passif présente plusieurs avantages structurels :

Des investisseurs naturellement alignés. Les obligations convertibles classiques attirent des fonds d'arbitrage qui achètent l'obligation et vendent l'action à découvert pour capter la volatilité sans conviction sur Bitcoin. En libellant sa dette en BTC, Capital B rend cet arbitrage moins praticable et attire des souscripteurs réellement convaincus par la thèse Bitcoin.
Une exposition convexe pour l'investisseur. Si Capital B remplit son rôle et accroît le BTC Yield au fil du temps, la valeur des actions en BTC par action augmente : sur une période de maturité suffisamment longue, la conversion devient structurellement attractive. Seul un scénario de marché baissier prolongé pourrait rendre le remboursement direct en BTC plus intéressant que la conversion, et dans ce cas l'investisseur récupère simplement ses BTC sans perte supplémentaire.
Pas de vente forcée en marché baissier. Avec une obligation classique en euros, une échéance de remboursement oblige l'entreprise à réunir du cash et potentiellement vendre du Bitcoin si elle n'a pas le choix, précisément au moment où le marché est déprimé. Libellée en Bitcoin, la dette se rembourse simplement en BTC, sans moins-value forcée.

Schéma d'une obligation convertible Bitcoin-denominated de Capital B : libellé en BTC, conversion en actions

Lors de sa première année pleine d'opérations, l'essentiel des financements de Capital B est passé par cet instrument, lui permettant de s'imposer comme numéro un mondial en volume d'obligations convertibles libellées en Bitcoin. Parmi ses souscripteurs : TOBAM (asset manager parisien), Adam Back (fondateur de Blockstream), Fulgur Ventures et UTXO Management. L'entreprise ambitionne d'accumuler une part significative de l'offre totale de Bitcoin et travaille au développement de son propre instrument de crédit digital, inspiré de STRC de Strategy. Cotée sur Euronext Growth Paris, ses actions sont également négociables depuis les États-Unis via le marché OTC (ticker CPTLF).

Logo Capital B

Smarter Web Company (SWC) | Royaume-Uni. Fondée en 2009 par Andrew Webley comme agence de design et marketing web à Bristol, SWC est la plus grande Bitcoin Treasury Company cotée au Royaume-Uni. L'entreprise accepte les paiements en Bitcoin depuis 2022 et a lancé sa stratégie de trésorerie Bitcoin en avril 2025, lors de son introduction en bourse sur le marché Aquis. Elle a depuis rejoint la London Stock Exchange Main Market en février 2026, avec l'ambition d'intégrer à terme le FTSE.

Son modèle repose sur une conviction simple : le cash-flow généré par l'activité web couvre l'intégralité des coûts opérationnels, ce qui permet de ne jamais être contrainte de vendre du Bitcoin pour faire face aux charges courantes. Cette discipline financière est au cœur du The 10 Year Plan, la feuille de route à long terme de l'entreprise. Andrew Webley résume la philosophie de l'entreprise dans sa déclaration à Bloomberg : il préférerait se couper le bras plutôt que de vendre les Bitcoin détenus.

Sur le plan des instruments financiers, SWC a lancé Smarter Convert, la première obligation convertible libellée en Bitcoin du Royaume-Uni, dans un tour entièrement souscrit par TOBAM, le même asset manager parisien qui souscrit aussi chez Capital B. L'instrument est sans intérêt, remboursable en BTC si non converti, et suit la même logique d'alignement avec les investisseurs convaincus par la thèse Bitcoin.

SWC ne se contente pas d'accumuler passivement. En février 2026, elle a acquis Squarebird Agency, une agence digitale rentable de Bristol, pour renforcer ses revenus récurrents et sa résilience opérationnelle. L'entreprise envisage également d'aller au-delà de l'equity pour financer sa croissance Bitcoin, en explorant à terme de la dette ou des instruments de type preferred equity, à mesure que la réglementation britannique évolue. Ses actions sont cotées à Londres et également disponibles sur le marché américain (ticker TSWCF).

Logo Smarter Web Company

H100 | Suède. H100 Group AB était à l'origine une entreprise suédoise de santé numérique avant de devenir la première société cotée en Suède à adopter une stratégie de trésorerie Bitcoin. Elle a progressivement élargi sa position, tout en conservant son activité historique de santé et longévité comme second pilier. Cotée à Stockholm, le titre est aussi négociable aux États-Unis via le marché OTC (ticker HOGPF).

L'entreprise illustre une tendance naissante chez les BTCTC de plus petite taille : changer d'échelle par rapprochement avec d'autres détenteurs de Bitcoin, entièrement payé en actions, plutôt que par achats directs sur le marché. H100 a ainsi acquis Future Holdings AG en Suisse, puis engagé des rapprochements avec des sociétés norvégiennes, dont l'une appartient à Geir Harald Hansen, fondateur du pool de minage Bitminter qui a miné plus de 208 000 BTC dans les premières années du réseau Bitcoin. Ces opérations, toutes soutenues par Adam Back, visent à consolider une position significative parmi les BTCTC cotées européennes, sans mobiliser de cash ni s'endetter : chaque acquisition est réglée en actions, sur la base de la contribution en Bitcoin de chaque partie.

Logo H100 Group

5. L'impact macro : quand les entreprises absorbent l'offre de Bitcoin

L'effet de raréfaction progressive

Il n'existera que 21 millions de Bitcoin. La grande majorité a déjà été minée à ce jour. Une partie significative de l'offre circulante est inaccessible : Bitcoin perdus définitivement (clés privées perdues), Bitcoin de Satoshi Nakamoto (environ un million de BTC, jamais bougés depuis 2009), Bitcoin dormants depuis plus de dix ans.

Les BTCTC viennent s'ajouter à cette dynamique de raréfaction. Strategy seule détient une fraction significative de toute l'offre qui sera jamais minée, et dont la vocation explicite est de ne jamais les revendre. Quand on y ajoute les ETF Bitcoin spot (BlackRock IBIT, Fidelity FBTC…) qui absorbent eux aussi des montants importants de BTC, l'offre disponible sur le marché se réduit structurellement.

L'implication est mécanique : si la demande (institutionnelle, étatique, individuelle) reste constante ou croît, et que l'offre disponible se réduit, le prix d'équilibre tend à monter. Les BTCTC et les ETF Bitcoin sont des aspirateurs d'offre institutionnels sur le long terme.

Une coopétition unique en son genre

Le secteur des BTCTC est l'un des rares dans l'histoire où la concurrence est fondamentalement à somme positive. Chaque nouvelle entreprise qui adopte le modèle absorbe davantage de Bitcoin, ce qui réduit l'offre disponible et bénéficie mécaniquement à toutes les autres. Les instruments innovants développés par l'une deviennent des outils que les autres peuvent adopter ou intégrer à leur bilan : OranjeBTC et Strive qui investissent dans STRC de Strategy, SWC et Capital B qui partagent les mêmes souscripteurs de dette Bitcoin. Plus le secteur grandit, plus ces effets de réseau se renforcent : chaque acteur supplémentaire rend le modèle collectivement plus solide, plus liquide et plus crédible aux yeux des marchés. C'est ce qu'on pourrait appeler une coopétition : des entreprises en compétition pour accumuler le même actif, mais dont la dynamique commune est, par construction, vertueuse pour chacune d'entre elles.

Cette dynamique a même donné naissance à une infrastructure d'écosystème dédiée. Bitcoin for Corporations, organisé par BTC Inc. (désormais filiale de Nakamoto Inc.) et hébergé dans le cadre de l'événement annuel Strategy World, est le principal sommet réunissant directeurs financiers, investisseurs et dirigeants des BTCTC du monde entier, doublé d'un réseau exécutif permanent permettant aux entreprises en cours d'adoption de partager leurs bonnes pratiques, outils financiers et connexions. Nakamoto Inc. regroupe aussi Bitcoin Magazine, la plus ancienne publication Bitcoin (fondée en 2012), ainsi qu'UTXO Management, un fonds d'investissement Bitcoin-natif souscripteur chez Capital B et SWC. Le secteur ne se contente pas de partager un actif commun : il se dote progressivement des outils pour se financer, se former et présenter.

Tendances en matière de levée de fonds institutionnelle liée au Bitcoin | Symposium BFC 2026

La naissance d'un secteur boursier à part entière

Au-delà de l'accumulation, les BTCTC sont en train de constituer un nouveau secteur boursier que les marchés financiers commencent à structurer comme tel. Bitwise, l'un des principaux gestionnaires d'actifs crypto, a lancé le Bitwise Bitcoin Standard Corporations ETF (ticker OWNB), le premier ETF dédié aux entreprises qui détiennent au moins 1 000 BTC en trésorerie. Pondéré par le volume de Bitcoin détenu, l'indice se rééquilibre trimestriellement et donne aux investisseurs une exposition directe au secteur BTCTC dans son ensemble, sans avoir à choisir entre des titres individuels.

C'est un signal fort : quand un gestionnaire crée un ETF dédié à une catégorie d'entreprises, il officialise l'existence d'un secteur. D'autres produits indiciels similaires émergent, certains ciblant spécifiquement les BTCTC, d'autres l'écosystème Bitcoin au sens large (mineurs, exchanges, infrastructure). Cette financiarisation du secteur crée à son tour une demande supplémentaire et structurelle sur les titres qui le composent.

L'intégration progressive dans les grands indices mondiaux

Un catalyseur majeur et peu commenté : à mesure que les BTCTC grossissent et que leurs titres gagnent en liquidité, elles deviennent éligibles aux grands indices boursiers mondiaux. Strategy est déjà membre du Nasdaq-100. Mais le potentiel va bien au-delà : une BTCTC américaine suffisamment grande pourrait intégrer le S&P 500, obligeant les milliers de fonds indiciels passifs qui répliquent cet indice à en acheter les actions mécaniquement, sans que leurs gérants aient la moindre opinion sur Bitcoin.

Le même phénomène pourrait se produire à l'échelle mondiale. Metaplanet est déjà l'une des actions les plus échangées à la Bourse de Tokyo et se rapproche des seuils d'intégration au Nikkei 225. Strategy est déjà dans le Nasdaq-100 et lorgne le S&P 500. À plus long terme, si le secteur continue de croître, des BTCTC européennes pourraient intégrer le CAC 40, le FTSE 100 ou le DAX, et des indices globaux comme le MSCI World suivraient mécaniquement, entraînant avec eux des fonds indiciels répartis sur la planète entière. Chaque inclusion dans un indice génère une demande d'achat forcée et automatique de la part de tous les fonds qui répliquent cet indice, qu'ils soient basés à Paris, Londres, Tokyo ou São Paulo.

C'est potentiellement le mécanisme d'adoption institutionnelle le plus puissant de l'histoire de Bitcoin : non pas convaincre des investisseurs d'acheter BTC, mais les y obliger indirectement via les règles mécaniques des indices passifs, à l'échelle de dizaines de marchés boursiers simultanément.

Vers un Bitcoin Standard de trésorerie d'entreprise ?

Les BTCTC ne sont que la pointe visible d'un mouvement plus large. Il faut les distinguer d'une autre catégorie d'entreprises : celles qui, sans faire de l'accumulation de Bitcoin leur cœur de métier, ont simplement décidé de conserver une partie de leurs réserves de cash en Bitcoin plutôt qu'en dollars ou en obligations d'État. Tesla, SpaceX, Rumble et Figma n'ont pas changé leur activité. Elles ont changé leur vision de ce qu'est un actif de réserve.

Ce choix repose sur un raisonnement simple : si la quantité de monnaie fiat augmente indéfiniment et que Bitcoin a une offre fixe, conserver du cash en dollars revient à accepter une perte de valeur certaine sur le long terme. Allouer une petite partie de ses réserves en Bitcoin, ce n'est pas spéculer. C'est couvrir le risque que représente la dépréciation structurelle des monnaies fiat, décrite dans notre article sur le système monétaire.

Si cette logique se généralise, et les signaux vont dans ce sens, on pourrait assister à l'émergence d'un standard Bitcoin de trésorerie : non pas un monde où toutes les entreprises font de l'accumulation de BTC leur raison d'être, mais un monde où Bitcoin fait partie de l'allocation standard des trésoreries d'entreprise. Ce serait un changement structurel profond dans la façon dont le capital d'entreprise est géré à l'échelle mondiale.

6. Les risques de cette stratégie

Le modèle des BTCTC est séduisant dans sa logique et semble être un pari asymétrique plus qu'intéressant sur le long terme. Mais il comporte des risques structurels réels, souvent sous-estimés par ses partisans les plus enthousiastes.

Le risque logique : Bitcoin lui-même

La thèse entière repose sur la conviction que Bitcoin vaut mieux que les monnaies fiat sur le long terme. Si cette conviction est infirmée, notamment par un changement structurel, une attaque quantique ou autre menace inattendue, l'ensemble du modèle s'effondre. Une BTCTC avec un bilan composé à 95 % de Bitcoin n'a aucune couverture contre ce risque. C'est un pari concentré et totalement assumé.

Le risque de décrochage de la prime de NAV

Ce risque concerne surtout les entreprises qui n'ont pas encore développé d'instruments de crédit digital. Pour les entreprises qui dépendent uniquement de l'émission d'actions pour accumuler du Bitcoin, un effondrement de la prime de NAV (mNAV) briserait mécaniquement leur capacité à lever des fonds de façon efficiente. Les BTCTC disposant d'instruments de crédit digital gardent quant à elles un moteur d'accumulation actif même en période baissière, ce qui constitue un avantage structurel important.

Levier sans liquidation forcée ne veut pas dire sans risque

C'est peut-être le point le plus important à comprendre. Contrairement au trading avec effet de levier, les BTCTC ne risquent pas de liquidation forcée : il n'y a pas de margin call qui oblige à vendre le Bitcoin au pire moment. Mais le risque reste présent sous d'autres formes. La dette (obligations convertibles, dividendes d'actions préférentielles, échéances de refinancement) représente des obligations de paiement réelles, indépendantes du cours de Bitcoin. Si ce dernier s'effondre durablement et que les revenus ne couvrent plus ces charges, la BTCTC peut être contrainte de vendre du Bitcoin au pire moment, voire de faire défaut. Les risques principaux sont les suivants :

Risque de refinancement : si les échéances de remboursement coïncident avec un marché baissier profond, les conditions de refinancement peuvent être extrêmement défavorables.
Risque sur les dividendes : les dividendes des actions préférentielles (STRC, SATA, etc.) doivent être versés quelles que soient les conditions de marché, ce qui peut contraindre si cela n'a pas été anticipé à vendre du Bitcoin dans un marché déprimé.
Risque de confiance : une perte de confiance dans le management ou dans le modèle peut entraîner une chute de la prime de NAV, rendant les levées de fonds moins efficientes et déclenchant un cercle vicieux.

Comparé au trading, le risque n'est pas supprimé, il est structurellement différent.

Ce qui distingue les BTCTC les plus matures, c'est précisément leur capacité à gérer activement ce profil de risque plutôt que de l'ignorer. La fréquence et la régularité des dividendes (bimensuels, quotidiens) lissent les obligations de paiement et réduisent les pics de tension. Les programmes de rachat d'actions soutiennent la prime de NAV dans les phases baissières et le prix des actions préférentielles. Le ratio d'endettement rapporté au NAV donne un signal avancé sur la solidité du modèle. Libeller la dette en Bitcoin élimine le risque de refinancement en fiat au pire moment. Toutes ces innovations servent le même objectif : maximiser la croissance du BTC Yield tout en minimisant la surface de risque. C'est un secteur qui pousse en permanence ses propres limites pour offrir de meilleures perspectives de croissance avec un rapport au risque de plus en plus maîtrisé.

Le doute, la conviction, le mouvement

Il y a une ironie à propos de Strategy qui mérite d'être racontée. En décembre 2013, Michael Saylor (cofondateur de Strategy) écrivait sur Twitter : « Bitcoin days are numbered. It seems like just a matter of time before it suffers the same fate as online gambling. » Sept ans plus tard, il convertissait 250 millions de dollars de trésorerie en Bitcoin et théorisait un modèle que le monde entier allait s'empresser d'observer, juger, critiquer. Interrogé sur ce tweet, il a simplement reconnu un « ₿ig Mistake ». Ce détail dit tout : on ne comprend pas Bitcoin tant qu'on n'en a pas eu besoin.

C'est peut-être la leçon la plus importante de ce secteur. Les Bitcoin Treasury Companies ne sont pas nées d'une mode, ni d'un enthousiasme spéculatif. Elles sont nées d'un problème réel : comment préserver la valeur d'un capital dans un monde où la monnaie est créée sans limite. Ceux qui ont résolu ce problème par eux-mêmes, entreprises ou particuliers, sont arrivés à la même conclusion que Saylor, par des chemins différents, sur tous les continents. Ce mouvement n'est pas coordonné. Il est mécanique.

Ce qui s'écrit aujourd'hui, année après année, n'est pas encore lisible dans sa totalité. Ces entreprises sont entrain d'émerger, de se calibrer, de créer et tester leurs outils. Les instruments de crédit digital sont récents. Les grandes questions restent ouvertes. Mais le mouvement, lui, est irréversible : des entreprises aux quatre coins du monde, des instruments financiers inédits, un secteur qui prend forme, des indices boursiers qui s'apprêtent à les adopter. Le mouvement est lancé. Le reste appartient à l'avenir.

« The only thing better than Bitcoin is more Bitcoin. »

Michael Saylor, cofondateur de Strategy.
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