L'économie française traverse son pire premier semestre depuis 2012. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre, puis stagné à 0,0 % au deuxième. La prévision de croissance pour l'ensemble de l'année tombe à 0,3 %.
Dans le même temps, le coût de l'endettement de l'État s'envole : la France emprunte désormais plus cher que la Grèce et l'Italie.
Une économie à l'arrêt
Deux trimestres sans croissance, c'est un signal fort. Il faut remonter à la crise de la dette souveraine de 2012 pour retrouver un premier semestre aussi faible. Une croissance proche de zéro signifie moins de recettes fiscales pour l'État, au moment même où ses dépenses d'intérêts augmentent.
Emprunter coûte plus cher qu'en Grèce et en Italie
L'OAT à 10 ans (Obligation assimilable du Trésor) est le taux auquel l'État français emprunte sur dix ans. C'est une référence pour toute l'économie. Il grimpe à 4,15 %, son plus haut niveau depuis 2008, et dépasse désormais les taux grec et italien :
Le symbole est fort : pendant longtemps, la France empruntait nettement moins cher que les pays du sud de l'Europe. Les marchés jugent aujourd'hui son risque comparable, voire supérieur.
Une facture qui grimpe
La charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts payés par l'État, a bondi de 19 % sur un an, à 34,5 milliards d'euros pour le seul premier semestre. Quand les taux montent, chaque dette arrivant à échéance est refinancée plus cher, ce qui réduit les marges de manœuvre du budget.
Ce que ça change pour un investisseur
Immobilier : les taux des crédits immobiliers suivent en grande partie l'OAT à 10 ans. Sa hausse tend à renchérir les emprunts et à peser sur le pouvoir d'achat immobilier.
Épargne : à l'inverse, des taux plus élevés améliorent le rendement des nouvelles obligations, et les fonds euros des assurances vie peuvent en profiter progressivement.
Bourse : une croissance faible pèse sur les entreprises tournées vers le marché français. Une raison de plus de diversifier géographiquement ses placements. Voir le comparatif des supports d'investissement.
Ce qu'il faudra surveiller
- La croissance du troisième trimestre, pour savoir si la stagnation se prolonge.
- Les décisions budgétaires de l'automne, scrutées par les marchés.
- L'écart de taux avec l'Allemagne, thermomètre de la confiance des investisseurs.
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